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alors que l’assassinat de Louis XV par Damiens, celui du roi de Portugal et leurs discussions dans le Paraguay avec l’Espagne, » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »

idées sur le parti à prendre dans une pareille circonstance, et voici celui auquel il s'arrêta. Il fait venir le premier garçon chirurgien gagnant maîtrise à l’hôpital de Toulouse; il lui demande si, moyennant une somme de cent louis, qu’il lui comptera, il se sent en état de faire l'opération de la castration à un de ses jeunes religieux. Il lui promet le secret sur cette action, et lui répond de toutes les suites de l’événement. Le jeune expert frémit d’abord à l’idée de commettre un pareil crime ; mais l’appât des cent louis le rassure, et il déclare qu’il se sent capable de faire l'opération, Revenez tel jour et à telle heurs, lui dit alors le supérieur ; ne craignez rien, apportez vos instruments, ainsi que tout ce qui sera nécessaire. Le jeune chirurgien ne manque pas de revenir au jour et à l’heure indiqués. Il trouve la victime étendue sur un lit et attachée, par tout le corps, avec des courroies, de telle manière qu'il lui était impossible de pousser aucun cri , do faire aucun mouvement. Il se met aussitôt en fonction d'opérer, et il réduit bientôt le religieux au même état où le moine Fulbert avait mis Abeilard. L’opération finie, l’appareil est posé. Chaque jour, le chirurgien venait panser le blessé, et il parvient à guérir la plaie. » Les trois mois indiqués à la mère étaient écoulés. Elle arrive chez le supérieur, et croit déjà tenir en son pouvoir cette fortune qui lui a été promise. Elle avait bien exactement tenu le secret qui lui avait été recommandé. Qui êtes-vous ? lui demanda le supérieur d’un ton brusque et courroucé.—Je suis cette malheureuse mère, lui répondit-elle, dont la fille a été violée par votre religieux. — Vous êtes une coquine, une misérable, une calomniatrice, et je vais bientôt vous faire repentir de votre audace. Jamais le père dont vous parlez n’a été capable d’un fait de cette nature. Il la jette hors de chez lui, présente sa requête en justice, demande la visite du religieux. Il l’obtient. Des experts attestent que le religieux, mutilé dans cette partie depuis son enfance, n’a pu consommer le crime dont il est accusé. La malheureuse mère est jetée dans les prisons et condamnée à y finir ses jours. Elle y a péri misérablement. Sa fille n’a pu survivre à sa douleur, à son ignominie. Le religieux violateur fut envoyé, quelque temps après, dans une province éloignée, pour y vivre ignoré et inconnu (*).

(*} «. Cette action d'une perfidie inouïe, écrit noire grand-père, dans une » note, m’a été certifiée par un sieur Albrespy, qui, dans l’opération, servit de » sacrificateur. Lors de la destruction des jésuites, craignant d’être recher» ché pour ce crime, il crut prudent de passer à la Martinique, où il était » chirurgien, dans la paroisse de Sainte-Marie. (Paroisse où notre grand-

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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