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— 411 — gibles par eux-mêmes, pour beaucoup de chrétiens, se trouvaient noyés dans des flots de raisonnements, de sophismes, pour i’appui desquels ce père trouvait assez de textes à citer. La scholastique, comme nous le savons, avait, presque dès le début du christianisme, fait surgir des controverses. Dans ces Masses de documents, approuvés ou rejetés du Saint-Siège , les prêtres trouvaient pâture, et, pour peu que l’imagination s'y prêtât, les interprétations venaient mettre la discorde dans l’Eglise. Les dominicains se déclarèrent hautement contre la doctrine de Molina, et beaucoup d’ecclésiastiques adoptèrent leurs sentiments. L’Eglise romaine, dès lors, devait se fractionner en deux sectes : celle des molinistes, et celle des jansénistes ; ces derniers, ainsi appelés du nom de Jansénius, évêque d’Ypre, qui devait combattre la doctrine de Molina dans un livre énorme, composé sur la doctrine de saint Augustin. La dispute, établie sur ces bases, les Jésuites et les dominicains, cherchant à armer de nouveaux prosélytes, s’adressaient chaque jour de nouveaux projectiles ; la sainte milice s’animait ; les injures se proféraient par des bouches vouées à ne faire entendre que des paroles de paix. Dans ce conflit, le pape devait trancher de sa voix puissante ; chef de l’Église, c’était à lui à décider auquel des deux partis la victoire resterait. Cependant, ces disputes, qui, dès leur naissance, avaient entraîné des troubles graves, s’étaient amorties ; on déplorait quelles persécutions ; Clément VIII (1594) défendit à toutes personnes de disputer sur les matières de la grâce, et les jésuites, en France, avaient alors à répondre au plaidoyer du fameux Arnaud, laissèrent dormir ce levain. Tandis qu’en France, ils ne faisaient encore que s’apprêter au combat, des théologiens d’Espagne (1596) censuraient seize propositions du livre de Molina. C’était porter atteinte au pouvoir du pape, c’était renchérir sur sa décision, c’était mettre de l’huile sur le feu ; aussi, les jésuites, et Molina lui-même, en référèrent-ils à l’inquisition, qui, Pour éviter de nouveaux scandales, se déclara incompétente, et renvoya le tout au pape.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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