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force de ruses, ils avaient de nouveau implanté leur bannière, il pesait d’une manière plus odieuse encore sur les moines rivaux, qu’un esprit de prosélytisme amenait à braver le martyre (1). En Chine, les jésuites fomentaient des troubles. Comblés par les empereurs de ce peuple innombrable, ils avaient créé une religion assortie au pays, aux idées des Chinois, aux coutumes invétérées des mandarins, dont ils partageaient les titres et les honneurs. La faveur dont ils jouissaient semblait leur promettre une puissance qui s'accroîtrait chaque jour dans ces pays lointains ; mais, en 1624, Grégoire XV avait condamné les coutumes superstitieuses des Malabares, souffertes et autorisées par les jésuites, et, en 1633, Urbain VIII, renseigné sur la conduite scandaleuse des jésuites, au Japon, avait ouvert ce pays à tous les moines de la chrétienté. Dès lors, les jésuites avaient, au Japon, rêvé un pouvoir absolu. Un complot, mûri avec habileté, devait faire reposer la couronne sur la tète d’un prince baptisé par eux ; mais l’empereur, instruit de leurs projets, extermina le christianisme dans ses États, fit égorger trois cent soixante-dix (1) Ce n’est qu’après une étude approfondie, que nous avons écrit ce chapitre. Nous nous sommes entouré des livres publiés en faveur des jésuites. L’abbé Cerutti, dans son Apologie générale de l’Institut et de l'Ordre des Jésuites, nous prouve, ce que personne ne conteste, que les jésuites ont fourni des hommes remarquables et par leurs talents et par leurs vertus. Mais l’histoire des jésuites, que nous avons voulu surtout retracer, pleine de faits qu’attestent les décrets des parlements et les bulles des papes, ne peut les laver des crimes de leur ambition. Il est évident que, dans une lutte de deux siècles, engagée sur tout le globe, les jésuites ont dù se voir parfois victimes ; mais la revanche qu’ils savaient prendre dépassait toujours l’outrage qu'ils avaient souffert. C’est à tort qu’on suppose que la haine puisse encore animer ceux qui, amenés par leurs études à toucher aux choses religieuses, rencontrent les jésuites sur leur route. Leurs constitutions, si savamment défendues par l’abbé Cerutti, sont un modèle de force, qui devait les conduire à une domination fanatique, pour peu qu’elles fussent mal comprises des hommes qu'ils employaient dans leurs missions. Les colléges des jésuites sont a l'abri de toute critique ; l’émulation qu’ils éveillaient était une chose heureuse pour la France ; la liberté d’euseiguement peut encore procurer ce bien essentiel.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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