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tracées par une volonté indépendante du pape ; Lainès en avait vu la portée, et il dut se féliciter que la mort le débarrassât d’un prélat dont la volonté primait la sienne (1559). Cependant, si en Portugal et dans l’Inde, si dans la Valteline, si, à Venise, les jésuites jouissaient d’un crédit surprenant, si leurs insinuations sur l’esprit des femmes, les avaient associés à quelques secrets d’État, au Japon et en France, iis avaient éprouvé, de nouveau, ce que peuvent la répulsion et la haine. Puis enfin, des discussions scandaleuses, des vengeances exercées par eux sur des esprits forts qu’ils avaient écrasés, des propositions erronées, mises en avant par leurs prédicateurs, des confessions révélées, avaient soulevé l’indignation du clergé, rival naturel des jésuites. Pie IV, successeur de Paul IV, ayant par-devers lui l’exemple de son prédécesseur, pouvait agir de rigueur, mais, entouré par les jésuites, ce pontife les avait pris en amitié. Dès lors, encouragés par ce revirement de fortune, tentent de nouveaux établissement en Savoie, à Goa, à Angola, au Monomotapa, pénètrent en Irlande, y jettent des semences de trouble, en s’opposant à l’apostasie, en raffermissant la foi catholique, et, alléchés par un legs de cinq cent mille livres, à eux laissé par l’évêque de Clermont, Guillaume Duprat, à la condition qu’ils s’établiront en France, Lainès, au Colloque de Poissy (1561) plaide lui-même sa cause, et plante son étendard à Paris (1). (1) Le parlement de Paris avait déjà refusé neuf fois l’enregistrement des lettres-patentes de confirmation des jésuites. Appuyés du cardinal de Guise, ils avaient présenté leur requête à cette cour, qui la renvoya à l’évêque de Paris, lequel consentit à leur réception. Ils se présentèrent donc de nouveau au parlement, qui ne voulut rien sanctionner avant la prochaine assemblée du clergé, qui ne ratifia le consentement de l'évêque de Paris qu’aux conditions suivantes : « 1° Que les jésuites quitteraient ce nom emprunté à Jésus ; 2° qu'ils » seraient soumis en tout à la juridiction et correction des évêques. » 3° qu’ils renonceraient préalablement à tous les privilèges portés par » leurs bulles ; qu’ils n’en solliciteraient ni n’en obtiendraient d'autres » à ce contraire ; faute de quoi, portait l’acte daté du 15 décembre

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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