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gouvernement et les casernes, avaient eu leurs places marquées ; un cimetière, qui, bientôt, devait se peupler de cadavres, avait eu aussi son enceinte désignée hors de la ville ; mais Chanvalon, ayant positivement reconnu l’insuffisance des carbets existant pour loger tous les colons qu’il attendait d’un jour à l’autre, lorsqu’il fallut presser ces travaux si faciles, construire ces maisons des pieux qui gisaient sur ce terrain nouvellement défriché, les aligner, les recrépir d’un peu de chaux délayée dans de la terre, les couvrir de feuilles de palmistes, les colons déjà rendus au Kourou, demandant les moyens de s’enrichir immédiatement et sans travail, se refusèrent à prêter leur concours à ces bâtisses si essentielles au salut de leurs frères. Celle mauvaise volonté renversait les combinaisons de Chanvalon ; il avait, avec Préfontaine, calculé que trois mois lui suffiraient pour faire venir de Cayenne tous ses hommes, et ce temps lui avait paru également suffisant pour les loger. Il se rendit alors à Cayenne, après avoir, néanmoins, exploré les savanes, les terres et les forêts du Kourou, et après avoir ordonné à Boulongne, ingénieur géographe, de distribuer des concessions aux personnes qui lui avaient remis de l’argent, comme garantie, argent qu’il devait leur rendre dès qu’elles seraient installées à la Guyane. Cette mesure classait les colons en travailleurs et en concessionnaires. Si, s’en tenant à une colonisation restreinte, les concessions eussent été distribuées et l'argent rendu aux concessionnaires, les magasins étant pourvus de vivres, et le gouvernement surveillant tous les besoins des colons, s’établissaient alors, dans des conditions prospères, tous les éléments d’une colonisation que l’imprévoyance devait faire échouer. Mais celle opération mal faite, ayant d’ailleurs duré trois mois, pendant lesquels le débarquement des colons à Cayenne s’opérait plus promptement que leur transport au Kourou, tandis que le découragement gagnait les colons, que Morisse refusait de suspendre le départ d’un bâtiment pour France, bâtiment auquel Chanvalon voulait remettre ses dépêches contremandant

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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