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— 619 — 3° Il ne paye point de droits sur les marchandises de retour, qu’il retire de l’entrepôt pour les transporter à l’étranger, et les droits que la marchandise paye à son introduction dans le royaume ne sont que des droits de consommation qui sont acquittés par le consommateur. 4° Il reçoit, à l’arrivée en France, la gratification qui lui est accordée, sans que les marchandises y soient arrivées ni vendues, et qu’il soit besoin de justifier autre chose que l’arrivée de ses noirs aux colonies. Il est donc dans un état plus favorable que tous les concurrents étrangers qu'il a dans ce commerce, et si ses frais de navigation sont un peu plus chers, c’est à lui à en trouver le remède dans son économie, quand même la gratification qu’on lui accorde ne viendrait pas à son secours. Le roi ne sera pas si bien traité pour son indemnité. Il sera, à la vérité, déchargé de la somme de 158,652 I. qu’il payait à la compagnie des Indes, pour la gratification des 13 1. par tête de noirs introduits dans les colonies. Il touchera ou compensera les 122,040 1. que le commerce paye à la compagnie des Indes; mais ces deux sommes réunies n’iront pas à la moitié de ce qu'il en coutera au roi pour ses dépenses de protection. Il faut espérer le surplus par la prospérité du commerce de Guinée, dont les succès rejaillissent sur toutes les parties de l’état. Au reste, il est bien aisé de sentir qu’on ne présente point ici des calculs géométriques, ce qui a paru, sinon impossible, du moins très difficile à faire dans l’espèce présente, où les registres des fermes n’offrent point une satisfaction entière, et sont même infectés de toute la fraude qui se commet sur les acquits de Guinée, ce qui ne saurait être sérieusement contesté; mais ils sont d’autant plus dignes de confiance, que leur produit se rapporte aux offres faites, en 1753, par les chambres de La Rochelle et de Saint-Malo. Dans le vrai, c’est la faveur du commerce qui y a eu plus de part que toute autre considération, et s’il est bien conseillé, il abandonnera les calculs et mettra toutes ses espérances dans la protection déclarée de son souverain, dont il ressent les plus heureux effets; car si on s’en rapportait à l’époque des lettrespatentes de 1716, temps de la liberté, et qu’on calculât d’après cette position, les 20 I. par tête de nègres et le droit par tonneau absorberaient presque l’acquit de Guinée, réduit, comme

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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