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protection, et quoique ce commerce ait moins besoin d’encouragement pour des opérations qui lui sont devenues familières, on peut encore penser qu’il est à propos de lui en accorder. Premièrement, parce qu’un changement d’état n’est pas une circonstance propre à supprimer les gratifications ; secondement , parce que les pertes immenses que le commerce vient de faire semblent demander quelque indemnité, ou du moins du ménagement. Pour fournir à ces deux objets, on a : 1° Le produit de la pistole que les négociants payent à la compagnie des Indes, et qui, sur le pied du calcul des nègres ci-dessus, monte à la somme de 122,040 1. 2° Les 13 1. que le roi paie à la compagnie des Indes qui, sur le même calcul, montent à la somme de 158,652 I. 3° Les acquits de Guinée. Pour les estimer, supposons que les 12,204 nègres soient vendus 12,204,000 1. , et que les marchandises de retour produisent, comme elles ont fait, 390,528 1. au commerce, par la modération de la moitié des droits. Ces trois objets réunis montent à la somme de 671,200 1., qui suffirait à peine pour le rétablissement, l’entretien et la multiplication des comptoirs, ainsi que pour l’armement de deux vaisseaux de guerre et d’une frégate nécessaires pour la protection du commerce à la côte d’Afrique. Ces frais sont d’autant plus privilégiés, que le commerce en reçoit les premiers fruits et les plus abondants. Ce calcul, quelque juste qu’il soit en lui-même, paraît trop désavantageux au commerce ; mais il n’aura rien à dire quand on le mettra dans un étal égal ou même meilleur que celui où il est aujourd’hui. Il jouit actuellement des acquits de Guinée ; nous venons d’en estimer le produit à la somme de 390,528 1., qui, répartie sur 12.204 têtes de nègres, forment un objet de 32 1. par chaque tête, et la gratification de 30 1. par tête de noir paraît plus que suffisante au négociant, par bien des raisons. 1° Il n’a point de droits à payer sur les marchandises qu’il transporte en Afrique , pour servir à l’achat des noirs. 2° Il est déchargé tout nouvellement des droits qu'il payait dans les colonies aux principaux officiers, pour la vente des noirs.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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