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— 615 — profil réside donc seulement dans la vente des noirs ; ce profit est d’autant plus incertain, que la longueur de la traite à la côte d’Afrique, le voyage d’Afrique en Amérique, quelquefois traversé par des orages et des vents contraires, enfin par des maladies épidémiques parmi les noirs, entasses les uns sur les autres dans l’entrepont des navires, sont capables d’en faire périr beaucoup et de faire évanouir, en fort peu de temps, l’espérance des profits d’un si long voyage; le commerce des noirs est donc encore, par là, dans le second cas de la gratification que nous avons prévue. Mais les circonstances changent souvent, et c’est ce qui est arrivé dans l’espèce dont nous parlons ; les dangers et les dépenses étaient d’autant plus effrayants dans les commencements, que les profils de la vente des noirs étaient mal assurés dans des pays où la culture n’était pas encore bien établie, et où les concessionnaires eux-mêmes avaient besoin de secours. Il a donc fallu que l’État couvre les premiers risques de ce commerce, et c’est ce qu’il a fait par le ministère des compagnies, auxquelles le privilège exclusif de la traite des noirs a été successivement confié. Ces compagnies y ont perdu. L’Etat est venu à leur secours ; la culture s’est établie dans les colonies françaises; la liberté de ce commerce a animé cette culture; les colons étaient en état de payer les noirs que le commerce leur apportait, et l’on vit, au mois de janvier 1716, qu’il était aussi temps de rendre la liberté au commerce des noirs, dont les risques diminués et les profits peu assurés animaient davantage le zèle et la concurrence des négociants. Il fallait pourvoir à deux principaux points ; la protection et la gratification de ce commerce. La protection semble exiger des établissements sur la côte d’Afrique, dans lesquels on puisse, avec sûreté contre les gens du pays, préparer les opérations de la traite, et l’armement annuel de quelques vaisseaux de guerre pour protéger les vaisseaux de traite, tant contre les gens du pays , que contre les nations rivales d’Europe. Le roi seul pouvait se charger de celte protection, dans le cas de liberté et pour fournir aux dépenses. On convint avec le commerce, lors des lettres-patentes de 1716, que les négociants armateurs payeraient au roi vingt francs par tête de nègres introduits dans nos colonies, et trois livres par tonneau

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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