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— 596 — de tous les projectiles qui allaient battre en brèche l’institution coloniale, si solide alors que l’esclavage rapportait d’aussi gros bénéfices à la France. Ces premières étreintes néanmoins étaient faites pour porter l’effroi chez les colons; mais, en 1771, pouvait on prévoir que la France, presque en masse, se souleverait contre ce qu’elle avait recouvert de sa protection? La question palpitante pour les colonies portait alors sur les impôts. Le besoin d’argent avait rendu le gouvernement exigeant, et de Vallière, avant son départ, avait, le 1 janvier 1772, réglé que les impositions à prélever pour cette année, conformes aux volontés du roi, exprimées en 1769, s’élèveraient à une somme de neuf cent mille livres. Cette ordonnance, qui ne changeait rien aux choses habituelles, aux taxes à prélever sur les esclaves, aux droits sur les denrées, laissait chacun tranquille; mais alors que de Vallière, nommé au gouvernement de Saint-Domingue , venait de se voir remplacé par le comte de Nozières, chacun se demandait si l’on n’avait pas à redouter de nouvelles taxes, de nouveaux droits. Promu d’abord au gouvernement général de la Guadeloupe, qu’un moment on avait voulu retirer de la dépendance de la Martinique, de Nozières, accompagné du président de Tascher, nouvel intendant-général des îles du Vent, avait fait enregistrer ses pouvoirs de gouverneur-général des îles du Vent au Conseil Souverain de la Martinique,le 9 mars 1772. Ces deux nouveaux chefs, accueillis avec cette réserve que commandaient toutes les susceptibilités provenant de toutes les causes que nous avons énumérées, sentaient eux-mêmes combien, après les malheurs qui avaient pesé sur les colonies, une demande d’argent devenait intempestive. Néanmoins les ordres de la cour étaient positifs, on faisait valoir les dépenses occasionées par les fortifications de la Martinique, on se targuait de la gêne du Trésor, et, le jour même de leur réception au Conseil, une ordonnance additionnelle,signée par le comte de Nozières et le président de Tascher, apprenait aux colons qu’ils auraient à er

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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