Page 23

371

nir à Malouet tous les fatras entassés dans ses Mémoires, pour prouver à l’homme blanc que le Créateur l’a condamné à l’indolence et au repos sous le tropique, et devaient enfin procurer aux colons rétrogrades le plus stupide argument de leur défense systématique : Point de colonies sans nègres ; point de nègres sans esclavage ! Comme si Dieu eût voulu compenser la beauté du climat, la richesse du sol, par la perversité des institutions humaines : image vivante du serpent dans l’Eden. Certes, nous n’avons pu accepter, pour nos compatriotes, l’accusation, si inintelligemment et si souvent dirigée contre eux, d’avoir été les moteurs de l’esclavage. Si aujourd’hui, » et. au tribunal de commerce, en leur demandant un rapport sur l'im» portance de la traite, pour la prospérité de l'île. Tous furent d'accord » sur la nécessité d'interdire sévèrement la traite, comme ruineuse et » menaçante pour l’île ; tous réclamèrent, avec énergie, contre les dan» gers d’une émancipation prématurée. Le capitaine-général s’empressa » alors de prendre des mesures énergiques, pour interdire complètement » le trafic des esclaves. Pour la première fois, la surveillance fut exer» cée avec rigueur et loyauté. On fit la saisie de plusieurs bâtiments né» griers, et l’on déclara libres les nègres qu’ils portaient, le gouverneur » Valdez, se privant ainsi volontairement de la prime énorme perçue » jusqu’alors par les capitaines-généraux, pour chaque nègre introduit » dans l’île, impôt qui avait enrichi auparavant ses prédécesseurs. Cette » conduite ferme et inattendue , excita contre le capitaine-général Val» dez, une guerre acharnée de la part des armateurs négriers de Barce» lone, de Santander, de Cadix, de Séville et d’autres ports de mer de » la Péninsule. Les journaux l’attaquèrent; les plaintes, les réclama» tions, les récriminations vinrent fondre sur lui ; on l’accusa de ruiner » l’île. Les armateurs espagnols, établis à Cuba, envoyèrent de l’argent. » en Espagne, pour entretenir la mitraille des journaux contre lui, et, » sans l’amitié que lui portait le régent, il n’aurait pas pu se maintenir » dans le poste difficile qu'il remplissait avec autant de sagesse que de » désintéressement. » Il serait curieux d’avoir le résumé des plaintes dressées contre Valdez ; peut-être y retrouverions-nous alléguée, en faveur de l’esclavage et de la traite, l’impossibilité du travail, par les Européens, sous le tropique. Mme la comtesse Merlin a parfaitement saisi, pour Cuba, l'imporlance de l'émigration de travailleurs blancs. Le commerce espagnol voit , dans ses idées, la ruine de ses bénéfices, à l’endroit de la traite, et il opère en Espagne comme, jadis, il opérait en France.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Profile for scduag
Advertisement