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— 554 — colons. Dans le protocole des nouveaux actes, qui leur apprenaient que leurs fortunes étaient menacées, on cherchait à atténuer celte exigence, en leur disant que les nouveaux impôts avaient pour but de défrayer les frais d’administration des colonies. C’était, en d’autres termes, annoncer qu’enfin le grand œuvre auquel avaient voulu atteindre tous les ministères anglais, depuis Charles II, était accompli, et qu’on avait créé, pour les gouverneurs en Amérique, une liste civile indépendante des assemblées législatives. Dès lors, on ne pouvait plus compter sur rien, on ne savait jusqu’où iraient les prétentions de la métropole, et la chambre des représentants de Massassuchets fut la première à protester. Une circulaire, envoyée par elle aux autres assemblées, en 1768, les invita à se réunira elle; l’insurrection prit une consistance qui effraya tellement le gouvernement local, que Boston fut militairement occupé. A ces incessantes rumeurs, on pouvait juger déjà de la tournure qu’allait prendre une querelle qui s’envenimait de toutes les susceptibilités que font surgir les liens qui unissent des nationaux, et, tandis qu’en Angleterre on songeait à une répression vigoureuse, en Amérique, la révolution se constituait en œuvre patriotique. La France pouvait se dire vengée ; semblable à la statue qui avait effrayé Nabuchodonosor, l’Angleterre, dont les extrémités rayonnantes reposaient et reposent encore sur une base d’argile, voyait rouler vers elle le rocher qui devait renverser tout cet échafaudage factice. Mais si l’Angleterre, aveugle à ce point, qu’elle espérait, dans sa main de naine, contenir le géant qui s’ébranlait, s’apprêtait à faire passer ses colons sous les Fourches Caudines, une exécution sanglante apprenait à quelques colons français que la diplomatie avait fait trafic d’une terre française. La Louisiane n’était plus à la France ! Si quelque chose pouvait consoler des cœurs français de voir des frères sous le joug étranger, c’était an moins de savoir que, pour cette fois, leurs nationaux n'appartenaient pas à l’Angleterre. Cuba, conquise en partie et rendues l’Espagne, avait été soldée par la Flo-

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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