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— 534 — ques populations des villes et des campagnes à prendre les armes. Cependant Rohan, au Cap, avait nommé aux postes éminents des milices les colons sur lesquels il pouvait le plus compter. Dans cette ville, l’ordonnance, présentée à l’enregistrement du Conseil, avait reçu sa sanction le 20 juillet 1768, et, après une revue à laquelle s’étaient trouvés les habitants aisés, les commerçants riches et quelques hommes de couleur, auxquels des blancs avaient été donnés pour officiers, le gouverneur-général avait annoncé, par une proclamation affichée dans plusieurs endroits de la ville, qu’il s’apprêtait à faire une tournée dans la colonie. Ses ordres, transmis dans toute l’île devaient, dans chaque paroisse, conformément aux divers articles compris dans l’ordonnance des milices, réunir sous les armes tous les colons blancs et tous les libres, depuis l’âge de quinze ans jusqu’à celui de cinquante-cinq. En conséquence, parti du Cap, le 15 août 1768, Rohan, après avoir parcouru tout le district de cette partie de la colonie, n’avait eu qu’à se féliciter des résultats obtenus, et s apprêtait à partir pour le Port-au-Prince, lorsque des bruits sinistres, venus des Gonaïves et de Saint-Marc , lui révélèrent que ses ordres n’auraient pas partout le même accueil. Le précédent obtenu par lui avait au moins cela de rassurant, que les ordres du roi, sanctionnés par le Conseil du Cap, pour peu qu’ils fussent repoussés par le Conseil du Port-au-Prince, une scission s’opérait entre ces deux corps constitués. Assuré du concours de la partie nord de la colonie, il n’aurait plus alors qu à réprimer la partie ouest, foyer des troubles qui, depuis plusieurs années, gênaient la marche des choses à Saint-Domingue. Dès lors, la prudence semblait lui faire un devoir de se précautionner contre les exigences qu’il redoutait. L’envoi de quelques troupes au Port-au-Prince, siége de ce Conseil dont l’ opposition s’était déjà plusieurs fois manifestée, paraissait urgent. Voulant néanmoins se renseigner sur les suites que pourraient avoir les bruits qui lui parvenaient, une correspondance s'établit entre Bongars et Rohan.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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