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— 520 — élevé à cette école qui lui révélait comme inférieur tout homme que la naissance n’avait pas placé sur le même rang que lui, il devait naturellement considérer ces habitants, si faciles à impressionner, plus faciles encore à calmer, comme étant des rebelles, car, après avoir retracé tous les maux de Saint-Domingue, le Mémoire concluait qu’il lui fallait des pouvoirs absolus et discrétionnaires pour arriver au but qu’on se proposait, celui de pacifier un pays dont on craignait l’indépendance et la révolte. Telle pouvait-elle être la pensée des colons? telles pouvaientelles être les suites d’un mécontentement provenant de toutes les causes que nous avons énumérées ? Quoi qu’il en soit, à ces instructions, que nous ne pouvons détailler, à ces Mémoires, fort sages du reste, instructions et Mémoires qui touchaient à l’organisation de la police, qui indiquaient les moyens de régler les impositions, qui traçaient la discipline à introduire parmi les troupes, qui voulaient la répression immédiate des scandales donnés par le clergé, et qui imprimaient à la justice une marche répressive de tous les abus qui, à Saint-Domingue, s’étaient introduits, à ces Mémoires, disons-nous, furent encore jointes quelques recommandations particulières. Saint-Domingue, dépravée autant que pays peut l’être, semblait avoir atteint l’apogée de la démoralisation. Des bruits infâmes avaient pénétré sur les mœurs de celle population dévergondée. Des peintures d’orgies effroyables avaient reproduit ces voluptueux colons se livrant à des bals nocturnes, au milieu desquels, les lumières éteintes, chaque homme usait indistinctement de la femme qu’il prenait ; sortes de colinmaillard dans lequel l’époux, servant d’entremetteur à son épouse, la lançait dans un lupanar où chacun, mettant son honneur en jeu, prostituait la mère de ses enfants. Horrendum dictu, mais hélas ! le répéterions-nous, si après l’avoir lu dans des Mémoires, nous nous souvenions de l’avoir entendu dire par des exilés de Saint-Domingue à Cuba.... Une telle dépravation devait nécessairement attirer les regards des hommes vertueux;

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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