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suivi la marche depuis son arrivée dans cette île, emportait les regrets de tous ses habitants. Mais ces regrets allaient être bien plus grands encore; car la Guadeloupe, gouvernement indépendant, allait, l’année d’après, se voir placée de nouveau sous la tutelle de la Martinique. En attendant que le ministre y eût au moins fait passer un officier digne de remplacer Bourlamarque et Nolivos, qui avaient aidé à son développement, de Malartic, colonel du régiment de Vermandois, en prit les rênes par intérim. Sachant à celte époque, et après les tourmentes de la guerre» qu’on s’occupait des colonies, comme nous l’avons dit en commençant ce chapitre, qu’on les considérait comme un des plus puissants cléments de cette force navale dont on avait eu à regretter l’abaissement, nous pouvons supposer que les malheurs récents dont la Martinique et la Guadeloupe avaient été frappées leur eussent valu une plus grande sympathie, si. vers la fin de 1768, il ne se fût passé, à Saint-Domingue, des troubles qui absorbaient toutes les préoccupations gouvernementales. Ces troubles provenaient de l’organisation des milices, qui fut définitivement réglée par ordonnance royale du 1 avril 1768. A la Louisiane, également, des scènes, que nous raconterons après nous être initiés aux suites des agitations de Saint-Domingue, demandaient toute l’attention de nos hommes d’Etat. Alors, on ne pouvait plus cacher à la France le nouveau sacrifice quelle s’était imposé ; alors les couleurs espagnoles avaient, sur les terres foulées par La Salle, remplacé le drapeau qui avait assisté à la naturalisation du Meschacébé, devenu le fleuve Colbert ; alors le sang des colons rougissait celle terre, saluée par des Français, qui lui avaient donné le nom de leur roi. Mais avant d’aborder cette période fatale, avant de retracer en lettres de sang, le supplice de nos frères dans la Louisiane, nous aurons, après avoir parlé de Saint-Domingue, à jeter un rapide coup d’œil sur l’Angleterre et sur ses colonies. Colosse dont les ramifications étaient trop vastes pour rester en équilibre sur son faible pivot, l’Angleterre, depuis trois ans déjà, avait er

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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