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— 514 — son étendue faisait prévoir, le 6 août 1707, elle se vit encore la proie d’un ouragan qui, de nouveau, plongea les colons de cette île dans la désolation. Ce désastre imprévu pouvait abattre le courage des habitants ; mais les vivres, dont les plantations avaient été ordonnées, les mirent à l’abri de la disette, les pluies n’ayant point, en 1707, ruiné le pays. Revenus de leur première stupeur, les colons comprirent que le découragement ne ferait qu’aggraver leur position, et de nouvelles cultures réparèrent promptement les dégâts moins forts de l’ouragan de 1767. Nolivos, entraîné par son zèle pour le bien public, fit, à la suite de ce fléau, auquel nos îles sont sujettes pendant trois mois chaque année, une tournée à la Guadeloupe. A son retour à la Basse-Terre, il eut à se féliciter des sentiments qui agitaient la population entière de l’île ; il distribua des gratifications aux Allemands établis au Matouba, dont les travaux lui parurent fort profitables (1), et, par une ordon(1) Nous extrayons d’un manuscrit de M. Désorbeaux, manuscrit déposé à la bibliothèque Mazarine, sous le n° 1790, entre autres passages, celui-ci, qui nous prouvera que la colonisation par les Européens est praticable sous le tropique; et que son discrédit ne vient que de toutes les causes que nous avons énumérées. « L’intérieur de la montagne du Matouba, dit ce chroniqueur, est » non-seulement cultivé, mais même procure des pâturages très propre « à y renfermer toutes sortes de bestiaux, qui serviraient à la subsis» tance de la colonie. La partie la plus élevée de cette montagne, que » l’on peut défricher, ayant été reconnue la plus susceptible de cet objet » intéressant, il a été formé, par M. le comte de Nolivos, de nouveau » établissements occupés par des familles allemandes, auxquelles il a » été accordé des terres qu’elles ont habitées et mises en jardins, dont ou » tire de très beaux légumes. Ces habitants sont très laborieux et seront » d’une très grande utilité pour cette montagne et pour la parfaite exécu» tion du projet qu’on a de faire, sur sa plate-forme, une prairie qui » aura cinq à six lieues de contour. L’air de cette partie y est plus tem» péré que partout ailleurs. » Cette dernière phrase semble avoir été placée pour indiquer les mesures à prendre pour l’acclimatement des travailleurs européens, qui, reste, pour peu qu’ils soient à la campagne, sont si peu exposés à l' intempérie de ce climat, qu’on leur représente si perfide.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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