Page 16

— 364 — Ces corvées, auxquelles ils se prêtèrent, servirent à relever quelques palissades, à recrépir quelques fortifications ; mais le gouvernement de Cayenne se vit obligé de les suspendre, ne pouvant suffire à la nourriture des esclaves. Cette pénurie était d’autant plus irrémédiable, vers la fin de 1757, que la caisse n’ayant pas un sou à sa disposition, ne pouvait ni y subvenir en appelant les étrangers, ni payer les troupes, que le découragement et la maladie commençaient à décimer. Dans celte horrible situation . il fallut prendre un parti prompt, et Lemoine ayant créé un papier-monnaie, que l’habitant prenait en échange de ses denrées, celles-ci servirent à solder quelques Hollandais qui approvisionnèrent le pays momentanément. D’Orvilliers, de retour dans son gouvernement, en 1758, avait cru pouvoir promettre qu’un changement salutaire s’opérerait sous peu. Parti de Brest, sur la frégate la Méduse, il portait des farines et des habillements pour les troupes. Son arrivée semblait annoncer qu’un temps meilleur allait luire ; mais, hélas! en vain les habitants de Cayenne, comme ceux de nos autres colonies, attendirent-ils, durant toute celle période malheureuse et humiliante, les secours dont sans cesse on les berçait. Celte position affreuse devait encore empirer; les bruits de guerre arrivaient jusqu’aux oreilles de ces colons, déjà réduits à leurs propres ressources, et dont les existences étaient sans cesse menacées par les corsaires, qui, tout à leur aise, se hasardaient à venir ancrer dans les anses, et bravaient nos forts, sans défenseurs. D’Orvilliers, ne pouvant parer à toutes les nécessités du moment, et ne comptant plus sur les promesses à lui faites, s’adressa de nouveau aux Hollandais qui, moyennant des prix excessifs, consentirent à approvisionner Cayenne en 1759. Cependant, la guerre se continuait en Europe. En Amérique, des attaques dirigées par les Anglais contre nos colonies des Antilles, faisaient prévoir que Cayenne recevrait leur visite, et les sollicitudes du gouvernement étaient toutes en paroles. D’Orvilliers crut devoir alors demander aux habitants le secours de

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Profile for scduag
Advertisement