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La gazelle également fondée au Cap, et dont le privilége avait été, le 10 janvier 1764, accordé à l'avocat Monceaux, avait porté quelque urbanité dans cette société dissolue ; elle avait rapproché les distances ; elle avait initié les habitants aux affaires de la métropole ; mais la cour s’était émue, et elle avait été supprimée quelques mois après son apparition. D’Estaing l’avait rétablie sous le litre d'Avis divers, Petites Affiches américaines. Dès lors, elle ne s’adressait plus qu’à des marchands; mais les presses pouvant jouer en secret, avaient servi à quelques satires, dont se plaignait d’Estaing. Ainsi se trouvait comprimée, dans nos colonies, cette liberté de pensée, dont le bien immense, semblable à la manne qui nourrissait les Hébreux, a fertilisé tant de cerveaux incultes. Alors, comme on le sait, la liberté de la presse n’avait point excité tous les conflits que l’intelligence humaine devait susciter au pouvoir ; mais, dans un siècle où cette liberté n’est soumise qu’à des lois qui tendent à réprimer la licence des esprits dévergondés, dans l’intérêt de la morale publique, si l’on ne savait ce qu’est l’arbitraire gouvernemental dans les colonies qui nous restent, on s’étonnerait, à juste titre, de la censure qu’y exercent les agents du ministère de la marine. Village au Cap : —Tant pis pour vous, lui répondit le sévère Jean-Jacques, voulant lui faire comprendre qu'il ne s’estimait nullement flatté d’avoir été représenté par des amateurs.

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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