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— 491 — Cette demande pouvait devenir le sujet d’une rupture entre le Conseil et le gouverneur ; mais ce dernier ayant employé de nouveau le moyen si sûr d’avoir des suffrages, c’est-à-dire ayant donné des bals, des fêtes brillantes et des dîners splendides, les susceptibilités s’apaisèrent et les questions les plus graves se réglèrent fort heureusement à l’amiable (1). Assez content du résultat de son séjour au Port-au-Prince, d’Estaing, après une tournée faite à Léogane, au Petit-Goave, à Saint-Louis, au Cavaillon, aux Cayes, au Petit-Trou et dans les Quartiers qui avoisinent les villes, rentré dans la capitale de Saint-Domingue, le 18 septembre 1764, eut à s’occuper définitivement de l’organisation des troupes nationales, pour la formation desquelles venaient de lui arriver de France des ordres positifs. Les craintes motivées sur le temps que le service faisait perdre aux gérants des propriétaires, avaient amené le gouvernement à exempter ces derniers, moyennant une rétribution qui servirait à payer leurs remplaçants. Ces rétributions, agréées avec empressement, laissaient les rangs de la milice à peu près vides de ceux qui en font la force, des habitants intéressés au maintien de l’ordre ; tandis qu’au contraire une foule d’aventuriers, peu Propres à se plier à la discipline, ne faisaient qu’aggraver les craintes que donnaient alors les esclaves de Saint-Domingue. Les milices, moins astreintes que les troupes nationales à tout ce qui peut rendre le service pénible à des citoyens, aux revues, aux gardes et aux patrouilles, à peu près soumises, en temps de paix, au vouloir des commandants de quartiers, moins exigeants que les inspecteurs et les officiers militaires que l’on (1) D'Estaing, écrivant au ministre, le 22 juillet 1764, lui disait : « J'ai donné bal à MM. les conseillers ; mes dîners ne les consolent » pas entièrement de la perte des droits suppliciés ; les membres du Con» seil du Port-au-Prince sont différents de ceux du Conseil du Cap, qui » ne quitteraient pas leurs habits noirs pour toute chose au monde ; » ceux-ci dansent en habits de bleu céleste et gris de lin. » (Archives de la marine.)

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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