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sa tôle n’a pu, dans sa chute, pulvériser le roseau, ses bras deviendront assez puissants un jour pour l'étouffer. Le coup porté par l’Angleterre à l’Inde française, était à peu près irréparable ; les comptoirs français ne pouvaient plus servir de barrière à son envahissement ; mais si, épuisés par la guerre, les Français de l’Inde intéressaient la métropole, elle avait à aviser surtout aux causes qui contribuaient à l’agitation dans laquelle vivait sa plus puissante colonie. Saint-Domingue, comme nous l’avons dit au chapitre XX de cette partie de notre Histoire, s’était vue, en 1763, au sortir de la guerre, en proie au poison, au manque de numéraire et à la disette. En outre, les milices, qu’on avait négligées par suite du système des régiments employés à la défense de nos colonies, laissaient des craintes pour la sûreté intérieure du pays. Le commerce végétait ; quelques discussions avec les Espagnols faisaient craindre des rixes, et comme, en 1763, le gouvernement des îles de sous le Vent était devenu vacant par la mort de Belzunce, le roi avait arreté son choix sur le comte d'Estaing, lieutenant-général de ses armées de terre et de mer. C’était une mission difficile à remplir que d’assortir tous les joints de ce grand corps en complète dislocation. Comptant déjà plus d’un siècle d’existence, Saint-Domingue, quoique à peine sortie de l’enfance, quoique pleine de vie par ses terrains incultes et indéfrichés, qui ne demandaient que des bras pour se fertiliser et se transformer en riches moissons, Saint-Domingue, semblable à ces enfants atteints du virus de leur mère, menaça*1 cette fois d’un mal sans remède. Ce mal, d’où lui provenait-il ? D’abord de la guerre, du peu de protection maritime que la France lui avait accordée, des fausses combinaisons de Belzunce, choses toutes faciles à réparer. C’était là le virus, ce virus que la France, que les métropoles inculquent à leurs filles, en les associant à leurs haines, à leur ambition, à leurs besoins, à leurs intrigues, mais le mal sans remède, nous le saisirons mieux en reproduisant un passage des instructions remises par le roi à d’Estaing, instructions qui, celte fois, d’après ce que

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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