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— 459 — du blé, que si elles manufacturaient les étoffes que leur fournit la France, il est clair, disons-nous, que, dans ce cas, elles manqueraient au but indiqué ici ; mais, qui veut la fin, veut les moyens ; et nous demanderons si ce pacte a été rompu par les Antilles, lorsque la France a encouragé la betterave. La betterave, dont un de nos hommes d’Etat résumait ainsi l' utilité à quelqu’un qui, ne comprenant pas les rapports qui existent entre les colonies et la marine, soutenait que la France pouvait se fournir son sucre par ses betteraves, et avoir une marine sans colonies, dès qu’elle en aurait besoin.. Oui, mais il faut des matelots pour une marine... « Or, chaque barrique de sucre des colonies nous fournit un matelot, tandis que chaque barrique de sucre de betterave nous en ôte un. » Ce raisonnement parut assez logique à l’homme continental, qui se l’expliqua d’autant mieux, que, par lui-même, il savait quelle portée avait ce proverbe latin : Fit faber fabricando. C’était donc avec ces instructions, accompagnées néanmoins de la recommandation la plus expresse de s opposer à toute sorte de commerce étranger, que le comte d’Ennery arriva à la Martinique, le 15 mars 1765. La frégate la Malicieuse, que commandait de Peynier fils, et que montait un brillant état-major, parmi lequel se trouvait, en qualité d’aide-de-camp du gouverneur, le futur amiral Latouche-Treville, lut saluée par les canons du fort. D’Ennery , débarqué au Fort Royal, fit enregistrer ses pouvoirs au Conseil Souverain, le 29 du même mois. Accueilli par le marquis de Fénélon avec une politesse exquise, la physionomie de son nouveau gouvernement avait de quoi inquiéter d’Ennery. Des haines invétérées couvaient entre les pouvoirs ; les travaux des fortifications commencées au morne Garnier n’avançaient point, et le projet de reconstituer les milices semblait inquiéter les habitants. Déjà, cependant, le marquis de Fénélon avait donné connaissance de l’ordonnance du roi, du 25 janvier 1765, qui réglait le nombre des hommes de chaque compagnie des milices à cinquante hommes, et d'En-

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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