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— 70 — quatre-vingt-quinze habitante blancs, autant de soldats au besoin, en plus du nombre de défenseurs que Saint-Domingue comptait en 1752, le chiffre de six mille six cent soixante-neuf esclaves, en plus de ceux qu’elle avait en 1752, faisait craindre à de Vaudreuil, en 1754, les semences de révolte qui déjà couvaient sous ces terres volcanisées. Les craintes qu’il manifestait lui paraissaient, d’après son Mémoire, d’autant mieux fondées, que les propriétaires riches de Saint-Domingue, presque tous habitant la France, laissaient leurs habitations à des régisseurs, dont constamment on se voyait forcé de réprimer la cruauté (1). Certes, en présence de pareilles craintes, le système adopté pour la première colonisation de nos îles, ne devait-il et ne doitil pas, aujourd’hui, se présenter comme branche de salut à la France et à ses colonies ? aujourd’hui surtout que l’exemple de Haïti ne laisse plus aucun doute sur le patriotisme prétendu des noirs ! Si, dans les colonies des Antilles qui nous restent, il n’existe presque plus de terres à concéder, si les habitations qui en font la richesse appartiennent toutes à des propriétaires reconnus, la culture partiaire, le système des fermes, ne semblent-ils pas offrir aussi bien aux émigrants qu’aux propriétaires, à la France et à ses colonies des avantages incommensurables (2) ? Tandis qu’à Saint-Domingue, de Vaudreuil préoccupé, en 1755, des bruits de guerre qui circulaient et qui laissaient les habitants sous le coup des appréhensions qu’elle doit leur occasioner, faisait le recensement général des hommes en état de porter les armes et visitait les places fortes de son gouvernement, (1) Cartons Saint-Domingue, 1754, Archives de la marine. (2) Cette question, qui, plusieurs fois, a été abordée sans succès, le sera plus tard par nous. Nous appuyant sur les données que nous avons, sur les analyses que nous avons faites des divers projets de colonisation par les blancs, nous prouverons qu’avec l’appui du gouvernement et le concours de nos compatriotes, la transformation des travailleurs dans nos colonies est chose des plus faciles.

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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