Page 353

— 345 — La crainte du partage entre co héritiers était une des raisons à Saint-Domingue, en avait, après la guerre, poussé un grand nombre à ces vengeances cachées, que l’émancipation fera sans doute complètement disparaître, ou du moins atténuera et réduira aux simples combinaisons de vengeances privées. Déduire les bestiaux d’une habitation, diminuer le chiffre de son atelier, la ravager par le poison, était un moyen de la discréditer d’en réduire la valeur, et, par cela seul, la chance du pardevenait moins probable. Un raffinement aussi effrayant devait nécessairement donner des craintes aux colons, et les aveux obtenus, après de sanglantes exécutions, des empoisonneurs qu' on croyait les moins coupables , révélèrent à bien des habitais, qu’ils avaient longtemps vécu le couteau sur la gorge (I). (1) Mémoire au ministre, sur le poison à Saint Domingue. Cartons Saint-Domingue, 1763, Archives de la marine. Dans ce Mémoire non signé, et adressé par un habitant, se trouve ce Passage que nous en extrayons : «Nous serons toujours exposés à la malice de nos ennemis domesti, si le roi n’oblige les habitants à avoir chez eux des domestiques blancs pour sûreté de nos biens et de nos familles, et en mettant ces premiers (tes domestiques ou nègres de maisons) à la place (au travail). Étant occupés au travail de la terre, ils n’auraient plus le moyen de nous nuire ; toutes les facilités leur seraient interdites ; n’habitant plus l'intérieur de nos maisons, nous n’aurions plus rien à craindre pour nos jours, et le travail de ces gens servirait et au delà à l’entretien et aux gages de nos blancs, et le pays en serait beaucoup plus peuplé. Il est certain que cela ne serait pas du goût de nos habitants ; la raison en est simple : c’est que le faste et la vanité n’y trouveraient pas leur compte. Ils disent que ces gens-là (les blancs) ne voudraient pas rester chez eux, et chercheraient les moyens à se procurer un meilleur sort; cela n’est pas douteux; mais la grande quantité qu’il y en aurait, ferait qu’ils ne trouveraient pas des avantages à faire fortune avec autant de facilité que s’il y en avait un petit nombre. Vous n’ignorez pas, Monsieur, que dans les plus fortes habitations de la colonie, de trois à quatre cents nègres, il n’y a pas trois blancs à chaque ; les moyennes n’en ont qu’un ou, mais rarement, deux. En général, les propriétaires des biens, s’ils pouvaient se passer d’un économe ou d’un rafïineur (ordinairement des blancs), ils le feraient. » Comme nous le voyons, ce vide de blancs était vivement senti par

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Profile for scduag
Advertisement