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— 335 — des navires en chargement, avaient, aussi émis des craintes. Le tout fut réglé de manière que les Anglais n’eurent point à se plaindre, et la crainte que les colons avaient, de leur côté, manifestée de se voir privés des choses les plus essentielles à leur bien être, fut calmée par la publication faite, à la Guadeloupe, le 12 juillet 1763, d’une ordonnance royale, qui permettait aux étrangers d’importer des bestiaux et des bois aux colonies françaises, et de prendre, en payement, les sirops et les tafias de leurs habitants (1). Cette permission, s’étendant aussi bien sur la Martinique et sur Saint-Domingue, n’était pas, à beaucoup près, aussi utile Pour ces deux colonies que pour la Guadeloupe, où l’augmentation de la culture demandait des approvisionnements immédiats; Puis enfin, sortant de l’exclusion, si longtemps maintenue en faveur du commerce métropolitain, elle prouvait aux colons que la France avait compris qu’il était de ces denrées qu’elle ne Pouvait fournir à ses colonies. Nous l’avons déjà dit, il est des cas où pareille licence devient urgente; mais, dans la circonstance où cette permission fut donnée, il y avait une cause fâcheuse qui y avait poussé. Avant la guerre, comme il nous est facile de nous le rappeler, la Martinique, devenue l'entrepôt général de nos îles, allait chercher par ses bateaux les bois du Canada, les bestiaux et les mulets des côtes espagnoles du continent. Le Canada n’appartenait plus à la France, et notre influence en Espagne, quoique (1) Code manuscrit Guadeloupe, 1763. Les marchandises étrangères dont l’introduction était permise, consistaient en bœufs vivants, cochons idem, moutons, cabris, volailles de toutes espèces, idem; en chevaux, mulets, planches de toutes sortes, solives, soliveaux, mâts, bordages ; blé d’Inde ou d’Espagne, avoine, son, merrains, meules de cercles ou feuillards pour barriques, bardeaux et tuiles pour couvertures de maisons, briques, carreaux de terre et de faïence pour cheminées ou pour carrelage, pierres de taille, calèches ou cabriolets, roues pour voitures, charrettes et tombereaux, armoires grandes et petites, bureaux à l’anglaise, riz, pois, légumes et fruits séchés de toutes espèces.

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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