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traires, ou par des accidents, il n’arriveraient à la Martinique qu’a près la restitution. Je n’ai pas caché à M. de Ponthieu le fils, que sa demande était de nature à souffrir de la difficulté ; mais je n’ai pas pu refuser à ses instances de la mettre sous vos yeux. » Si le bâtiment que M. de Ponthieu expédie de Bordeaux » met à la voile tout à l’heure, je suis très tenté d’accepter l’of» fre qu’il me fait d’y faire charger les effets que j’ai dans cette » ville, et qui pourront arriver avant moi, ce qui me serait fort » commode. Me le permettez-vous, Monsieur le duc, et n’y » voyez-vous aucun inconvénient? Oserai-je vous demander un » mot de réponse sur cela. Dans les conversations, Monsieur le » duc, que j’ai eues avec M. de Ponthieu le fils, il m’a fait en» tendre, mais en me demandant le secret, que toute sa famille, » qui est opulente, serait dans la disposition de repasser en » France, avec sa fortune, si elle avait l’assurance de n'être » point inquiétée sur le fait de la religion. Je ne sais pas, » Monsieur le duc, s’il m’a parlé de bonne foi, mais les lettres » du père et les propos du fils respirent un vif amour pour leur » patrie. » La proposition faite au ministre par celui qui, sous peu, allait prendre en mains les rênes de la Martinique, prouvait évidemment l’intérêt qu’il portait à la prospérité future d’une île que la guerre et la domination anglaise avaient si cruellement ravagée. Alors l’esclavage ne faisait pas crier ceux qui, à leur profit, l' exploitaient : c était un commerce organisé, ayant cours à la bourse, dont les actions y avaient leur cote ; et, d’après ce que nous avons dit de l' avidité du commerce, il nous est facile de concevoir qu’une pareille demande ne pouvait être validée. Nos négociants auraient eu à en souffrir; puis enfin leurs soumissions pour le privilége si envié arrivant chaque jour au ministère, on prévoyait autrement de l'empressement que mettraient, dans la traite, nos armateurs, qui récapitulaient déjà leurs bénéfices futurs. Mais ici, nous nous sentons, malgré nous, porté à quelques réflexions, qui deviennent la morale de celte proposition, en ap-

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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