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la Martinique se voyait donc réduite à la Louisiane, avec laquelle elle espérait encore conserver des relations avantageuses. Nous savons le pacte secret qui devait la frustrer de cet espoir. Quant à la Guadeloupe et à Sainte-Lucie, les commissionnaires de la Martinique s’attendaient toujours à en exploiter les habitants, lorsqu’une décision, prise par la métropole, lit de la Guadeloupe un gouvernement indépendant. Sous peu, nous aurons à nous entretenir de cette colonie ; mais, connaissant le commerce et sa voracité, il est facile d’apprécier quelle fut, pour celui de la Martinique, la portée d’une pareille déception. Livrée à ellemême, à ses propres ressources, les regards des habitants se tournèrent vers la culture. Or, nous savons sur quel élément on comptait alors pour le développement de la culture aux Antilles. Les bras d’Afrique pouvaient seuls faire fleurir celte île jadis si prospère; l’Anglais, comme nous l’avons dit, sachant son prochain départ d’un pays qu’il regrettait moins depuis qu’il connaissait l’esprit de ses habitants, ne leur avait procuré qu’une certaine quantité de nègres, ne voulant pas être à découvert. C’était donc pour la France une source de richesses toute trouvée. On avait restitué Gorée à nos négociants, et les colons pouvaient, comme de juste, compter sur les profits qu’ils s’attendaient à retirer de leurs terres. Mais alors, comme nous l’avons déjà dit, en France, les négociants seuls ne songeaient pas aux bénéfices de la traite. Alors tas grands seigneurs , comme de nos jours ceux qui ont en mains le pouvoir, et qui se disent : Primi inter pares, savaient calculer les chances heureuses des spéculations contre lesquelles ils se récrient quand leur scandale est révélé à la face du monde. Four que nous soyons compris, et que nous portions nos preuves à l’appui de ce que nous avançons, il est essentiel que, taissant la Martinique dans l’attente du gouverneur que le roi devait y envoyer, nous voyions un peu ce qui s’était passé en France, après la paix, au sujet des colonies à elle restituées par l' Angleterre. Le ministère de la marine, resté entre les mains du duc de

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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