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— 312 — noire commerce et nos colonies, nous embrasserons rapidement le coup d’œil général de l’Europe, en 1763. Certes, l’Angleterre, qui, dans cette guerre, avait arboré le pavillon de la victoire sur toutes les mers, avait saisi le moment le plus avantageux pour elle de faire la paix , néanmoins, son insatiabilité est telle, que, lorsque les conditions en furent débattues au parlement, Chatam, quoique malade de la goutte, s'y était fait transporter, et avait protesté contre ses conditions, ne les trouvant pas un équivalent aux sommes énormes qu’elle coûtait. L’éclat des triomphes de l’Angleterre pouvait en imposer au dehors ; son soleil avait des rayons brillants, qui divergeaient sur tout le globe, et cachaient la misère qui la rongeait à l’intérieur. Écrasée sous le fardeau d'une dette de trois milliards cinq cent trente millions de francs, dette qui lui coûtait un intérêt de cent onze millions cinq cent quatre-vingt-sept mille quatre cent quatre-vingt-dix livres, elle pouvait à peine suffire aux dépenses les plus nécessaires, avec cent trente millions de livres qui lui restaient de son revenu (1). Ce revenu pouvait-il (1) Nous donnons ici ta proportion ascendante de la dette anglaise. Nos calculs sont basés sur la livre sterling , et sont tirés du Commerce des colonies, par Pages (Paris, an IX), vol. Ier, page 176. qui, lui-même, les a puisés dans les publications de l'économiste Smith, En 1697, à la cessation des hostilités, l'Angleterre devait un million cinq cent quinze mille sept cent quarante-deux livres sterlings. La guerre commencée en 1702 augmenta considérablement sa dette; à la cessation des hostilités, en 1714, elle était de cinquante-trois millions six cent quatre-vingt-douze mille deux cent soixante-seize livres sterlings. La guerre éphémère de 1722 l'éleva à cinquante cinq millions deux cent quatre-vingt deux mille neuf cent soixante-dix-huit livres sterlings. En 1739, commença la guerre de l'Angleterre contre l’Espagne ; la France y entra comme auxiliaire. Il existait alors, en Angleterre, un fonds d’amortissement qui avait payé huit millions trois cent vingt-huit mille trois cent cinquante-quatre livres sterlings, sur les cinquante-cinq millions deux cent quatre-vingt-deux mille neuf cent soixante-dix-huit livres sterlings, dues eu 1722. La dette publique n’était plus que de quarante-six millions huit cent cinquante-quatre mille six cent vingt-quatre

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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