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veille, message qui annula les espérances qu’ils avaient conçues du bon accueil qui leur avait été fait par Monckton, et qui leur intima de nouveau l’ordre de tenir leur église ouverte le lendemain pour dix heures. Nouveau refus de la part des dominicains, nouvelles injonctions répétées le 13 à sept heures du soir. Dès lors, les dominicains comprirent que l’heure du martyre avait sonné ; soldats de Jésus-Christ, qu’avaient-ils à opposer à la force ? Se concertant, ils arrêtèrent que : « 1° le lendemain » dimanche, la première messe se dirait à cinq heures, suivant » l’usage; qu’à six heures on en dirait une seconde, après la» quelle la communauté s’assemblerait pour porter, en proces» sion, le Saint-Sacrement à la chapelle des religieuses hospita» lières, chez lesquelles on ferait de suite un second voyage, pour y transporter les vases sacrés et tous les ornements d’é» glise ; que, 2° dès que cette triste cérémonie serait faite, tou» tes les portes de l’église seraient exactement fermées, et que » les clés seraient remises au père Faget, qui était prié de ne point les livrer, à quelque fâcheux événement que son refus » pût exposer la communauté entière. » Ces dispositions prises et exécutées au milieu du recueillement douloureux de toute la population de Saint-Pierre, qui s’était associée au malheur et au martyre des moines, ceux ci se retirent dans leurs cellules et attendent l’heure du sacrifice. Elle sonne; mais, inébranlable dans sa résolution, le père Faget refuse les clés de son église, tandis que Monckton, à la tète de ses troupes, s’impatiente, et, par trois fois, exige et menace. Les officiers anglais , déconcertés , n’osent approcher de Monckton, qui écume de rage, fait armer ses soldats de haches, et donne l’ordre de briser les portes qu’on refuse de lui ouvrir, et dont il ne peut se procurer les clés. Certes, chacun, dans ce moment décisif, s’attendait à un sacrilége; Monckton, de son côté, s’attendait peut-être à des huées à des malédictions; mais le silence, que la populace a strictement observé, les sanglots que laissent échapper des femmes éplorées, et

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

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