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mant sur sa tôle tout l’odieux d’une conduite peu orthodoxe, et surtout dangereuse dans un pays peuplé d’esclaves, chercha à se blanchir aux yeux du père Faget. Il lui écrivit, en reçut une réponse peu satisfaisante (1), et il alla même, assure-t-on, jusqu’à exciter Monckton à demander aux dominicains l'ouverture de leur église pour le culte anglican. (1) Ces deux lettres, si curieuses, trouveront ici leur place. Lettre du 1 mars 1762, adressée par le révérend père Lavalette, curé du Fort et supérieur de la mission des jésuites, à la Martinique, au révérend père Faget, supérieur des dominicains. » » » » » » » » » » »

« Mon révérend père, j'ai été forcé, pour éviter un plus grand malheur, de consentir que nos vainqueurs fissent les exercices de leur religion dans notre église de Saint-Pierre. C’est l'usage dans quelques métropoles du royaume, comme à Strasbourg, et dans plusieurs autres églises, comme Landau, Colmar, etc... J’avais offert au général anglais une maison grande; il n'en a pas voulu. Je connais l’autorité du vainqueur : on pourrait vous demander la vôtre, et on me l' a assuré ce matin, que, les casernes de la Raffinerie occupées, on vous la demandera. Voulez-vous, mon révérend père, que nous nous trouvions chez M. de Latouche, notre général, pour conférer avec lui, et aller ensemble chez M. Monckton ? V otre heure sera la mienne demain. » J’ai l'honneur d’être...

» Signé : LAVALETTE, jésuite. » Réponse du père Faget; 5 mars 1762, au révérend père Lavalette. « Mon révérend père, si, comme il convenait dans une cause com» mune, vous eussiez daigné nous appeler, re ad hoc integra (avant que » d’avoir livré votre église), nous nous serions portés avec zèle à l'union » que vous me proposez, et peut-être qu’agissant ainsi de concert, dans » un esprit de religion et de paix, le Seigneur eût béni et donné le suc» cès à nos démarches. Mais vous avez cru devoir tout taire de votre » chef; nous n’en avons même rien su qu’après coupet par la voix pu» blique. Maintenant que tout est consommé de votre part, et chez vous » et ailleurs, il ne nous reste qu'à en gémir devant Dieu. Pour juger » du grand sujet que nous en avons, et que vous en avez encore plus » vous-même, daignez, mon révérend père, vous rappeler ce que rap» porte l’histoire , de la conduite que Saint-Ambroise se crut obligé » de tenir dans un cas tout semblable à celui où nous nous trouvons, » vous et nous. Pour ce qui nous concerne, nous attendons avec pa-

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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