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— 197 — craindre que les Anglais ne débarquassent au dessus de son camp, afin d’approcher de la ville, du côté le plus faible. Malgré celle crainte, il voulut conserver son camp, et chargea de Bougainville, avec quinze cents hommes, d’observer l’ennemi, et d’empêcher son débarquement. Montcalm, se fiant donc dans la position qu’occupaient ses troupes, et fort de sa réputation de loyauté, qui lui avait attaché les Indiens, était assuré de pouvoir résister à cette attaque, mais il déplorait d’autant plus, dans les circonstances sérieuses où il se trouvait, l’abandon de la France, que, par des nouvelles à lui transmises, il savait ses ennemis recevant journellement des renforts, et de la métropole et des colonies des Treize-Plantations. De plus, l’Anglais, maître de Louisbourg et de l’île Royale, se trouvait avoir entre les mains la clé du Saint-Laurent ; Wolff pouvait, dès la belle saison, être puissamment secouru, et alors Montcalm se trouverait pris sur tous les points. De son côté, Wolff, soit pénurie de munitions ou de vivres, soit désir d’acquérir, à lui seul, la gloire d’une conquête, avait médité un plan hardi, et dont le résultat devait être décisif. Averti, par un de ses officiers , qu’au dessus de la ville existait, abrité par un rocher à pic, un endroit où l’on pourrait facilement débarquer, mais qu’on ne pouvait escalader que par un étroit sentier, Wolff tenta ce passage peu gardé, et se trouva, avec son armée, sur les derrières de Québec. Montcalm apprit, au jour, que le poste avait été forcé pendant la nuit du 13 septembre 1759, que l’armée anglaise avait franchi le passage, et qu’elle était campée dans la plaine d’Abraham. Dès lors, sa résolution fut prise Jusque-là, il avait reculé devant une bataille rangée, mais alors qu’elle seule pouvait sauver Québec, il s’y décida avec ce courage résolu qui pronostiquait à ses troupes un succès assuré. Wolff se réjouissait de son coup de dé ; il ne s’était pas caché les dangers qu’il allait courir : c’étaient les Gaulois cherchant à surprendre le Capitole, escaladant la roche Tarpéïenne, et le

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

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