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Le major Clevering fut chargé, par Baringtown, qui avait succédé à Opson dans le commandement en chef des troupes anglaises, par suite de la mort de ce dernier, de porter à Londres la nouvelle de la prise de la Guadeloupe. Krump, qui avait aidé à cette conquête, en fut nommé gouverneur; le Conseil fut assemblé, les ports furent ouverts, et les habitants, épuisés par la guerre, ruinés par l’incendie, purent, sous ce gouvernement, se refaire de leurs pertes. Mais tandis qu’à la Guadeloupe, les habitants, ennuyés d’une politique dont les conséquences leur avaient été aussi funestes, s’occupaient uniquement des réparations à faire à leurs bâtiments à sucre, et cherchaient à sauver quelques bribes de leurs récoltes, Baringtown visitait les postes importants de sa conquête , les faisait fortifier, et, profitant de l’inaction de Beauharnais, il passait à Marie-Galante, où les habitants acceptaient la même capitulation que ceux de la Guadeloupe. De Bompar lui-même, prévenu par de Beauharnais de la capitulation des habitants de la Guadeloupe, était rentré au FortRoyal sans avoir osé tenter une attaque contre la Pointe-à-Pitre, où se trouvaient ancrés les transports anglais. A l’incurie des chefs, au peu de résolution et à la lenteur qu’ils avaient tous opposé à l’envahissement de nos rivaux, s’était encore jointe, dans cette malheureuse circonstance, jusqu à vera quels torts valurent à la France la lenteur et les retards de Beauharnais : « Une circonstance, de laquelle je ne puis m'empêcher de me féliciter, » c’est que, à peine avais-je signé la capitulation avec les habitants de la » Grande-Terre, il est arrivé un exprès à leur camp, pour leur appren» dre que M. de Beauharnais, général des îles, avait débarqué à Sainte» Anne, à la partie du vent de l’île, venant de la Martinique, sous l’es» corte de M. de Bompar, avec un renfort consistant en six cents hom» mes de troupes réglées , deux mille boucaniers et deux mille fusils et » autres armes, tirées des magasins pour les habitants, avec de l’artillerie » et des mortiers. Si ce renfort fût arrivé une heure plus tôt, la conquête » de l'île eût été très-difficile, si même elle ne fût devenue impossible. » (Extrait des Gazettes de Londres, cartons Guadeloupe, 1759, Archives de la marine.)

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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