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— 153 — Tandis que sur le morne Tartanson, qu’aux abords de la ravine qui coule à ses pieds, nos colons, formés en tirailleurs et secondés par leurs esclaves, se rendaient maîtres du terrain que les Anglais avaient conquis, de Capony, major de la Martinique, qui s’était transporté à la Case-des-Navires, repoussait un détachement anglais, et n’abandonnait ce poste qu’après les sollicitations réitérées de Beauharnais, de se joindre à lui. De Maurville, de son côté, et de Lignery, attaqués par les galiotes à bombes et les vaisseaux anglais, avaient prouvé ce que peut le courage. Tout le monde, sauf le général en chef, l’intendant-général et le gouverneur particulier, paraissait donc avoir rempli son devoir dans cette journée décisive (1), et le 18, alors que les colons conduisit avec tant de courage, qu’il fut affranchi. Ce que nous disons ici est consigné aux Archives de la marine, dans le dossier de notre famille. Nous pourrions citer d’autres exemples de dévouement de la part des nègres venus au secours des colons; et malgré tout ce qu'ont fait les philantropes pour saper le prestige, il est encore, dans nos colonies, de "eux noms qui, dans pareilles occasions, entraîneraient à leur suite, à la défense du pays, des nègres qui, malgré la liberté, se considèrent comme étant de la famille de leurs anciens maîtres. (1) Cette ode sur les trois principaux chefs de la Martinique, puisée dans un manuscrit du temps, et que nous donnons telle que nous l’avons copiée, ainsi que bien d’autres pièces en notre possession, que nous ne pouvons livrer à la publicité, prouvent ce que nous avançons ici. Secours des malheureux, Dieu des nobles efforts, O toi qu'on vit briller un instant sur ces bords ! Réveille-toi, puissant génie ! Sous le poids de la tyrannie, Depuis longtemps, tu gémis accablé ! N'entends-tu pas la voix de ta patrie? Déjà de tous côtés, elle éclate, elle crie, Et déjà le tyran, dans son cœur a tremblé ; Déjà l'affreux remords éclaire les abîmes Dont sur sa tète accumulé, S’élève un nuage de crimes. Réveille-toi, viens remettre en nos mains, Ce fer dont fut armé le dernier des Romains, Ce fer dont il vengea la liberté publique, Quand le premier César, sous son bras abattu, Vit arborer son pouvoir tyrannique. Malgré les pleurs donnés à sa vertu.

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tomes 5 et 2 de la 2ème série  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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