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L'OCTAVONNE

C’était surtout aux soins du ménage, pour remplacer de son mieux sa mère auprès de son père. Elle n’avait pourtant le plaisir d’être auprès de lui que durant les repas et quelques instants ensuite. Encore ne lui parlait-il guère : il avait d’ordinaire l’esprit préoccupé par quelque question relative aux tribunaux — ou bien envolé, à la suite d’une parole, vers les temps où l’épouse disparue était de ce monde. Aux heures de loisirs, Paulette parait à l’ennui, soit en jouant du piano, soit en lisant. Donc elle était non seulement quasi cloîtrée, mais encore presque solitaire. M. Sauvignac avait réfléchi à ce qu’avait de pénible pour elle, si jeune, un tel genre d’existence. Il avait compris qu’il devait s’efforcer de la distraire quelquefois. Chaque dimanche,— à moins qu’il ne plût, — il louait une voiture et allait se promener avec elle aux environs de Fort-de-France, sur les routes accidentées et serpentantes, d’où ils admiraient des profils de mornes verdoyants avec des échappées sur l’Océan bleu. Et deux fois par mois, — le jeudi, de la dix-huitième à la vingtième heure, — il recevait en son salon. Mais il ne voulait pas être en relations avec des personnes de toutes les catégories de la

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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