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L’OCTAVONNE

était rendu compte. Alors, avec l’arrièrepensée de lui donner le goût de rester au pays natal, c’était lui-même qui lui avait choisi et meublé sa très confortable garçonnière. Mais Romuald avait débarqué las de la vie de garçon. Les titanes, — femmes légères du peuple, aux robes voyantes, aux têtes ceintes de foulards multicolores et noués en pointes, —les titanes avaient beau, toutes, lui décocher des œillades ardentes, aux avances même des plus jolies il répondait peu. Leurs déclarations le touchaient bien moins que des éloges de ses collègues ou d’anciens camarades sur ses fonctions de magistrat. Il n’était préoccupé que d’avancer rapidement dans sa carrière — et de se créer un foyer. Conséquemment, il s’intéressait davantage aux demoiselles. Il ne lui était pas malaisé non plus de s’apercevoir qu’à elles aussi, — sinon à toutes, du moins à beaucoup, — il plaisait. Le difficile était de faire parmi elles un choix heureux. Entre deux il avait en secret balancé. Enfin il avait jeté son dévolu. Et naguère, autorisé par le Procureur Général à s’absenter tout un dimanche du chef-lieu,

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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