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SOLLICITUDE

PATERNELLE

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condition d’employé à celle d’employeur? Voici. Il était à peine majeur quand il avait eu la chance d’être chargé d’administrer «Bon air ». Comme, dans son enfance, il avait dû aider ses parents pauvres aux dures tâches des plantations, il s’entendait bien aux choses de la culture locale ; et malgré des dommages causés quelquefois par des queues de cyclones, ses récoltes étaient belles. Aussi lui était-il facile de prélever, — outre une part de légumes, de volaille, de laitage, qui était prévue pour sa nourriture, — un cinquième des revenus, sans éveiller des soupçons chez son « patron » — d'autant que celui-ci était peu compétent. De la sorte, il avait entassé, vers ses trente-cinq ans, assez de quoi songer à s'acheter quelques arpents de terre, dont il aurait, — seul, — tout le bénéfice, Or, justement, il advint que le propriétaire de « Bon air » résolut de réaliser ses biens dans la colonie et d’aller vivre en France. Le prix qu’il demandait du domaine était inférieur à sa valeur et ne dépassait pas le montant des économies du géreur. Notre Philidor voulut profiter de l’aubaine. Pour que son patron ne pût pas finalement comprendre qu'il l’avait lésé, il fit se porter

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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