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LA

RANÇON

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cette prétendue insomnie. La cause en était, dit-elle, le chagrin que sa fille avait de savoir que, par la faute de son père, le jeune homme qu’elle aimait serait l’époux de Mlle Sauvignac. Elle remontra à Roberte qu’elle avait tort de tant s’affliger. Est-ce que M. Romuald Sainte-Croix se montrait désespéré ?... Pourquoi le regrettait-elle plus qu’il ne la regrettait ?... Puisqu'il se mariait avec une autre demoiselle, que n’imitait-elle son exemple et ne se mariait-elle également avec un autre jeune homme..., avec M. Largnat ?... Il était moins beau, bien sûr. Mais il était peut-être très bon. Peut-être ne serait-elle pas malheureuse du tout avec lui. Sur le cœur endolori de Roberte ces paroles opéraient comme baume. Il lui était devenu nécessaire d’être consolée. Sans céder tout de suite aux exhortations de sa mère, elle se laissa choyer par elle. Et peu à peu elle finit par consentir à ce que M. Largnat fût reçu par ses parents, à ce qu’il fût autorisé à entreprendre de lui plaire — ou plutôt de lui inspirer de la sympathie et, s’il y réussissait, d’aider, à son insu, le temps à atténuer en elle une sorte de haine qu’elle avait maintenant contre Romuald : la haine amoureuse qu’a toute femme

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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