Page 180

174

L'OCTAVONNE

qu’à trois ou quatre pas de la jeune fille, Romuald ôta son chapeau et esquissa un sourire. Mais Athénaïs pivota sur les talons et lui présenta le dos. Et, presque en même temps, le considérant de travers par-dessus une épaule, elle prit un air contempteur et impertinent à la fois, fit un bruit de ses lèvres subitement allongées, et dit, assez haut pour qu’il entendît : — Gade ça, non !... Ça ka püend-ï ?... Cè békè-ou pou saluer !... Cè baille li pou ou üi !... (Voyez donc ça !... qu’est-ce qui lui prend ?... C’est votre blanche qu’il faut saluer... C’est à elle qu’il faut sourire !...) Ces gestes et ces paroles de dépit furent mal interprétés par Aurèle Dumazet. Il crut que c’étaient là des mouvements et des propos d’indignation. Il jugea bon de renchérir. Les sourcils froncés, d’un ton fâché, il se tourna vers Romuald, — qui s’éloignait, — et s’écria : — Ça ça yé ça ?... Mussié-là busoin moin goumin épi-ï. (Qu’est-ce que c’est que ça?... Ce Monsieur-là désire que nous nous battions?...) Athénaïs lui donna, tout ensemble, une tape et cet ordre : — Péla. (Taisez-vous.) Etonné, il répliqua :

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

Profile for scduag
Advertisement