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L’OCTAVONNE

Il évitait avec soin de regarder de nouveau Roberte. Il tendait sa volonté à être tout à sa fiancée, et si bien, que Paulette ne pouvait soupçonner ce qui restait en lui d’amour pour l’octavonne ; et moins encore le Procureur Général, qui conversait, dans un angle, avec le gouverneur et d’autres chefs de services. Après cinq ou six danses, les musiciens, selon la coutume, — s’accordèrent un quart d’heure pour souffler, — ou plutôt pour laisser se reposer de souffler les principaux d’entre eux ; car, dans leur orchestre, au contraire de ce qui a lieu d’ordinaire en Europe, c’étaient deux clarinettes et un trombone qui faisaient tour à tour le chant, et c’étaient deux violons et un violoncelle qui accompagnaient. Dès qu’on remarqua qu’ils déposaient leurs instruments et s’éloignaient de leurs sièges» tout le monde songea comme eux à se désaltérer. On déserta les salons pour envahir le buffet. Kermadec y conduisit Roberte ; et lorsqu’elle eut bu une coupe de champagne, — qu’il avait prise non sans peine sur un plateau, —- il la ramena auprès de Mme Despointes afin qu’elle pût se délasser. Et il retourna, seul» demander quelque chose de plus tonique : un petit verre de cognac.

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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