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TALION

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de Céleste pouvaient être justes. Mais, après réflexion, il déclara que non, il ne regrettait rien de ses précédents agissements ; qu’il tenait toujours pour bonne sa résolution depuis si longtemps prise de ne jamais consentir à une alliance de Roberte avec quelqu’un de plus foncé qu’elle ; que c’était tant pis pour Sauvignac s’il s’abaissait en accordant sa fille à ce quarteron de Sainte-Croix, et tant mieux pour ce dernier si on l’honorait en l’unissant à une blanche ; qu’au demeurant il ne désespérait point, lui, Léonel, que Kermadec devînt son gendre, tant que celui-ci continuerait de se promener sur la route de Didier ; et Kermadec continuait à y passer. Peu à peu Roberte et Céleste s’accoutumèrent à l’idée du mariage de Romuald et de Paulette, — la mère moins malaisément que la fille. Bon gré, mal gré, ne s’accomplirait-il pas? Et tous trois décidèrent, — chacun à part soi, — qu’il était préférable d’affecter de l’indifférence à ce sujet, de ne plus s’en entretenir entre eux. Mais ce soir-là, au bal, dès qu’ils avaient aperçu Romuald, ils avaient eu tous trois une émotion. Ils n’avaient pas pu se la cacher. Ils réussissaient mal à paraître tels qu’ils auraien t voulu sembler être : bien tranquilles.

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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