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L’OCTAVONNE

— Le bonhomme est plus riche que je ne le supposais. Telles furent les premières paroles de M. Sauvignac à sa fille, lorsqu’il se retrouva seul avec elle dans la victoria de louage qui les ramenait à Fort-de-France. Et il eut, en proférant ces mots, un sourire de satisfaction. Cependant il ne faisait pas cas de l’argent plus qu’il ne convient. Aussi, passant à d’autres idées, — sans toutefois cesser de penser à M. Sainte-Croix père, — il demanda à la jeune fille. — Mais ne trouves-tu pas qu’il est bien brun ? Paulette, qui respirait le parfum d’une gerbe de roses que, peu avant son départ, lui avait cueillies et offertes le planteur, écarta les fleurs de ses narines et répondit : — Qu’importe son teint ? M. Sauvignac reprit : — Il a une prononciation fâcheuse. Paulette répliqua : — Qu’importe encore son articulation? M. Sauvignac conclut en riant : — Pour l’amour du fils, tu pardonnes aux défauts du père... C’est bon... Je n’insiste pas... D’ailleurs ce sont petits défauts... et ils ne me sont pas personnellement insupportables.

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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