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STRATAGÈMES

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cela, chacun, sous peine de s’assoupir bientôt, éprouva et manifesta le besoin de marcher, malgré la chaleur accablante. Les jeunes gens devant, les pères derrière, — et chaque couple protégé par un parasol, — on fit, en passant d’un potager à une basse-cour, puis d’un verger à des plantations de cacaoyers et de caféiers, puis encore d’une bananeraie à un champ de cannes à sucre, tout le tour de « Bon air ». Et l’on alla ensuite au bord de la mer, qui était, — au large, d’un bleu foncé, — et qui, — sur la côte, entre des rochers,— était d’une telle transparence, que l’on y voyait parfaitement des petits poissons par bandes, et, au fond, des galets sur du sable. Quand le soleil, déclinant commença d’allonger les ombres, le Procureur Général avait si bien questionné le cultivateur sur ses diverses récoltes, sur ses frais, sur les placements les plus sûrs et les plus avantageux dans l’île, et il s’était à la fois livré à tant de calculs mentaux, qu’il savait presque aussi bien que lui, ce que, bon an mal an, lui rapportaient ses terres, quels étaient ses gains nets, de quelle façon et à quel taux il plaçait ses bénéfices, depuis combien de temps il travaillait pour son propre compte, bref, quelle pouvait être au bas mot sa fortune.

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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