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STRATAGÈMES

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s’était fait inviter par Romuald chez son père. C’était principalement afin de savoir avec exactitude, lui, quel genre d’homme était Philidor. C’était aussi pour estimer approximativement la valeur de sa propriété rurale et tâcher d’apprendre quels étaient à peu près ses autres biens. Aussi, lorsque Paulette et lui eurent roulé de morne en morne pendant plus de trois heures, — avec lenteur aux montées, à des allures effrayantes aux descentes,—— et qu’enfin ils furent rendus à « Bon air », aussitôt les présentations terminées, il laissa sa fille et Romuald prendre quelque distance, et il se tint auprès du cultivateur, pour conduire à son aise sa conversation avec lui. Et c’est ainsi qu’il agit presque tout le temps qu’il passa avec sa fille à la Trinité, — sauf, bien entendu, au moment du repas. Alors, comme la table était rectangulaire, il exprima le désir que Paulette fût placée à côté de M. Sainte-Croix le père, et il s’assit lui-même auprès de Romuald. Philidor offrit d’abord le punch colonial,— c'est-à-dire dans des petits verres, un doigt de sirop et deux de rhum, — forte boisson, dont on fait précéder les repas à la Martinique dans plupart des maisons. Mais M. et Mlle Sauvi-

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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