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L'OCTAVONNE

c’était assurément parce qu’il était moins beau garçon que Sainte-Croix. Celui-ci valant celui là moralement, M. Sauvignac ne voyait, — de prime abord du moins, — nulle objection à faire au choix de Paulette... Mais, entre elle et lui, devait-il laisser subsister le secret qu’il avait deviné ?... Après avoir examiné le pour et le contre, méthodiquement, en vieux magistrat qui ne saurait plus s’empêcher de controverser, il jugea que non. Et il résolut de s’entretenir avec elle de ce nouveau parti, sans retard. Il attendit pourtant que le repas fût terminé et que la servante se fût retirée. Le couvert enlevé, comme Paulette restait le front incliné et roulait entre les doigts une boulette de mie de pain, il fixa les yeux sur elle, et, d’une voix douce, la questionna : — A quoi penses-tu? La jeune fille leva la tête et la secoua. — A rien. M. Sauvignac reprit : — A qui, alors? Paulette, plus surprise encore de cette seconde interrogation, baissa les paupières et, après une hésitation, répondit : — A personne.

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

L'octavonne  

Gautrez, Victor / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Coll...

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