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PREMIÈRE PARTIE. — LA TRAVERSÉE.

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XXV BAHAMA.

Ce matin, à six heures, nous sommes entrés dans le canal de Bahama. Un premier phare paraît à notre droite : c’est l’Angleterre qui l’allume. Un second ne tarde pas à se montrer à gauche : c'est l’Espagne qui l’a élevé. Les phares se succèdent ainsi, brûlant alternativement aux frais de l’Angleterre et de l’Espagne, conformément aux traités. Malgré tant de soins, le canal n’a pas encore l’aspect de la rue de Rivoli. Grâce à Dieu, grâce aussi à la France, à l’Angleterre et aux États-Unis, les pirates ont disparu de ces parages. Maîtres dans le Sud, de Batabano à Cienfuegos, les bandits trouvaient de faciles abris dans les « cayos » connus sous le nom de « Jardins de la Reine ». Ils régnaient au nord, de Baracoa à Matanzas, s’équipaient dans le golfe de Regla, près des arsenaux royaux, et vendaient leurs prises, de tout temps fort recherchées, à la Havane et à Cuba. Trois voies conduisent à la Havane; chacune d’elles a sa part de dangers. La première longe les côtes pendant cinq cents lieues. Le navire qui s’y engage, après avoir reconnu le cap Saint-Nicolas, à l’ouest d’Haïti, laisse au sud

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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