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PREMIÈRE PARTIE. — LA TRAVERSÉE.

faire réfléchir Cuba, qui n’y est pas préparée. Le jour où cette proclamation serait faite, le travail serait abandonné. Le quart seulement de l’île étant livré à la culture, les nouveaux affranchis, exempts de besoins, faits à toutes les privations, rompus à toutes les fatigues, pressés de fuir la plantation, s’en iraient dans le centre, vivre de pillage et d’incendie. Ce serait la ruine de tous et le signal du massacre. Conduire les émancipés sur la côte d’Afrique et les y abandonner, ce serait les conduire sciemment à la mort. Et qui les remplacerait au champ et à l’usine ? Répartir entre eux une indemnité serait non-seulement inutile, mais dangereux : inutile, parce que, ignorants de la pratique de la vie, insouciants, paresseux après un travail forcé, ils ne sauraient pas tirer parti des ressources qui leur seraient données ; dangereux, parce que, le principe de l’indemnité pécuniaire une fois admis, ils se révolteraient périodiquement pour en faire augmenter le chiffre. Je ne fais que résumer quelques-unes des objections qui sont faites au principe de l’affranchissement immédiat, quitte à y revenir plus loin. Vous le voyez, l’esclave est une marchandise encombrante entre toutes.

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Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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