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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

du Tasmanian. C’est sur ce redoutable engin, que n’eût pas trouvé Procuste, que vous devez chercher le repos. Les cloisons à jour donnent passage à toutes les infections, à tous les bruits du bord. Si le sommeil vous prend, la pompe grince et vous rappelle à l’ordre; la cloche drelindindine aux heures des repas; l’arbre de la machine secoue votre oreiller, et, chaque fois que le navire se penche, vos mains cherchent convulsivement un point d’appui. La nuit arrive, tout est clos, l’air manque. Vaincu par la fatigue, vous vous laissez aller au sommeil. Alors commence la lessive des planchers. Grattés d’abord avec le fer, ensuite avec le grès, on les savonne, puis on les rince. On enlève pour cela les tapis, et cette opération vous conduit jusqu’à quatre heures du matin. C’est alors que les chauffeurs vident une première fois les cendriers. Le coke roule dans des conduits de tôle, les chaînes grincent en montant et descendant les seaux de fer. Ceci vous conduit jusqu’à cinq heures du matin. Un steward vient ensuite cirer les chaussures. Il s’installe à votre porte et siffle pour donner quelque charme à une besogne aride. Il est six heures quand il a fini. Après tous ces bourreaux arrive le jour. Chaque fois que le bateau s’incline, la lucarne disparaît sous l’eau et tout prend une couleur cadavérique bien appropriée à la circonstance. Lorsqu’il se redresse, la lucarne laisse passer un rayon de soleil. Que pensez-vous de cette alternative de jour et de lumière ?

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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