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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

— Ce que je rêve, ce que nous rêvons tous, je vais vous le dire : c’est la fin de l’état de siège qui depuis 1826 est l’état normal de notre pays; — c’est l’abolition effective de la traite, pour laquelle l’Angleterre a payé quatre cent mille piastres : dix millions de francs en 1817, sans que pour cela le chiffre de nos esclaves ait diminué. Et, je vous le demande : où sont les nègres de 1817... Ce que nous voulons, c’est nous gouverner nous-mêmes. Nous acceptons... — qui sait si dans quelques années nous l’accepterons encore? — enfin, nous acceptons un capitaine général espagnol; mais nous entendons jouir, sous ce fétiche, des libertés et des immunités dont jouissent les Espagnols. Nous voulons un parlement colonial et des ministres responsables; nous réclamons la liberté individuelle, la liberté commerciale et industrielle, la liberté de la presse et le droit de pétition. Nous entendons fixer l’impôt que nous sommes seuls à payer, et voter les lois qui nous sont appliquées. Nous voulons la suppression des douanes et des innombrables droits qui nous pressurent, en échange d’un impôt de 6 pour 100 sur le revenu territorial. Nous réclamons l’abolition immédiate et indemnisée de l’esclavage, ou l’abolition graduelle sans indemnité. Nous voulons enfin le régime qui fait la fortune du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Écosse, etc., en échange de celui qui fait notre honte et prépare notre ruine. — C’est assez de politique! interrompit dona Carmen, qui venait d’entrer entourée de ses enfants. Vous allez manger quelques fruits et rendre visite à notre

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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