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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

nègres célibataires. Ces derniers sont assez mal partagés. Et en effet, que doit désirer le maître? Des unions fertiles qui, augmentant le troupeau, augmentent les produits. Le petit logement de garçon du nègre bozal, du nègre de champ, est plus que modeste. Le mobilier se compose d’un lit, si l’on peut donner ce nom à ces compartiments de bois superposés, dans lesquels s’allongent et dorment les malheureux après une journée de travail de quinze heures. Le matelas est de bois blanc. Les rideaux sont de même étoffe. On est bien chez soi dans le cercueil, quand on a tâté de ce lit-là. Le barracon destiné aux ménages a un tout autre aspect. Représentez-vous une grande cour entièrement encadrée par un rez-de-chaussée en planches, recouvert de tuiles. La toiture en saillie forme auvent. Des piliers en bois brut la soutiennent. Un puits et quelques cahutes à pourceaux occupent le centre de la cour. Des fruits de palmier, destinés à l’engraissement des porcs, sont entassés çà et là. Des portes, percées à égales distances, donnent accès dans le logement des ménages noirs. Toutes sont numérotées. Chaque logis se compose d’une pièce qui reçoit par la porte l’air et le jour. Rien n’est plus malpropre que ces asiles héréditaires où grouillent pêle-mêle père, mère et enfants. Souvent ils abritent aussi des amis dont la situation assez mal définie révolterait nos idées sur le mariage. A ce personnel, déjà nombreux, il convient d’ajouter une

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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