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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

A ce premier bâtiment, un deuxième est soudé, clos en partie. Il a en largeur ce que l’autre a en longueur. Leur ensemble prend la forme d’un T. « Dans le premier hangar, me dit mon hôte, la canne est broyée. La machine l’occupe tout entier. Au centre se démène le balancier. A ses côtés tournent trois roues immenses qui accomplissent leur évolution avec trois vitesses différentes. « Puis viennent les broyeurs. Un plancher mobile tourne sans cesse, conduisant au cylindre la canne dont on le couvre. Arrivée au sommet, elle hésite, se balance, le plancher lui fait défaut, elle tombe et disparaît sous les rouleaux. Elle ressort broyée, blanche, vide et sèche; la sève sort des conduits, roule en cascades, puis en ruisseaux. » Tout cela est fort intéressant, mais qu’il doit faire bon dehors ! Patience ! « De conduit en conduit, de cascade en cascade, le jus arrive à la casa de caldera. Le hangar est entouré de cannes empilées. Les charrettes ne cessent pas d’en apporter. Sur la route défile un chapelet de bœufs qui met six mois à s’égrener. « A la sortie des broyeurs, la canne change de nom. Elle devient bagasse. Un plancher mobile la reçoit encore. Une nouvelle montagne russe se dresse devant elle. Elle la franchit pour tomber cette fois dans des charrettes qui la portent, soit aux champs où elle engraisse la terre, soit aux fourneaux qu’elle alimente. Tout cela n’est-il pas intéressant ? La canne est vraiment un présent de Dieu ! Connaissez-vous son origine ?

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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