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TROISIÈME PARTIE. — DANS L'INTÉRIEUR DE L’ILE.

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« Comment! vous êtes là, Lolita? Pourquoi n’entrez-vous pas? — Mon mari est souffrant ce soir, je ne veux pas le quitter. — Vous n’êtes guère plus près de lui ici que vous ne le seriez dans le bal. — C’est vrai, mais il me croit à la maison. Vous avez une jolie toilette. — Elle vient de Paris. — Cela saute aux yeux. —- Au revoir. — Amusez-vous. » « Ay ! Dios! Concepcion, como esta? — Pas mal, et vous, Garniita? Vous allez à la fête? — Non, je suis en deuil. — Pobrecita! Et de qui? — D’un oncle que vous ne connaissez pas. — J’en suis désolée. Adieu, chère. — Bonsoir. » Et la dame en s’éloignant dit à sa compagne : « C’est le deuil de ses écus qu’elle porte, la pauvre ! Avez-vous vu comme elle est fagotée? — Elle porte une robe à un réal la vara. » Des négresses aux bandeaux crépus, au chignon alourdi par une fausse queue de laine, les oreilles chargées de pendeloques, décolletées à faire peur, les yeux mourants et marbrés de rouge, les lèvres épaisses et gercées, le nez écrasé et couturé, les dents blanches et bien rangées, les bras trop longs, les mains doublées de rose, les hanches étroites et frétillantes, les pieds plats et mal chaussés, la robe mal

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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