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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

Cela fait, on les remet debout, tant bien que mal, face à face, dans le plus étroit des deux cercles tracés au milieu de l’enceinte. Presque toujours la douleur les ranime, les irrite. Ils se jettent de nouveau l’un sur l’autre comme s’ils étaient mutuellement responsables des tortures qu’ils endurent. Oh! logique des brutes... vous avez fait école. Les combattants ne sont pas toujours de force à être aussi bêtes. Dans ce cas, l’un des galleros compte à haute voix jusqu’à quarante. Si pendant cette nouvelle reprise un des coqs reprend seul le combat, il est proclamé vainqueur. Son nom est aussitôt connu hors de l’enceinte. Partout le tumulte est à son comble. C’est qu’il s’agit, cette fois, de ramasser les enjeux. Mon avis est que ce spectacle est ignoble, et je suis ravi quand je pense que les Anglais ont inutilement tenté de nous le faire prendre en goût de 1828 à 1830. Les jours de fête carillonnée, au temps de Pâques, par exemple, ou bien encore lorsqu’on célèbre la fête patronale, les femmes « vont aux coqs ». Les gallinerias (les poulaillers) adoptent pour la circonstance des couleurs, comme le font nos écuries de courses. Les tenants se pavoisent. Chaque groupe choisit une reine parmi les filles les plus sympathiques, les plus jolies et les mieux faites. Le choix n’est pas aisé, car la concurrence est grande. Que de rivalités surgissent entre les vassaux improvisés de la reine au ruban ponceau et ceux de la reine couleur d’azur! Les coqs ont double responsabilité ces

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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